( 14 mai, 2011 )

Projet de LFC 2011 : étrange multiplication des comptes spéciaux

argent.jpgPar Ali Titouche

Le projet de la loi de finances complémentaire pour 2011 relance la controverse au sujet des fonds spéciaux du Trésor. Près d’une quinzaine de ces lignes de crédits ouvertes ont été prévues par la LFC 2011. De but en blanc, les législateurs du pays préconisent l’ouverture d’autres fonds spéciaux pour le financement de plusieurs opérations et/ou décisions, mais dont le plafond financier n’est jamais perceptible. «Le Trésor est autorisé à accorder des prêts aux fonctionnaires pour leur permettre l’acquisition, la construction ou l’extension d’un logement», lit-on dans le projet de la loi de finances complémentaire pour 2011. Autres comptes spéciaux du Trésor ouverts : un fonds qui assume financièrement les bonifications des taux d’intérêt en faveur des investissements dans le secteur du tourisme, un fonds d’investissement de wilaya en soutenant, cette fois-ci, les opérations conclues avec les sociétés de capital investissement, un fonds destiné à couvrir les capitaux de garantie du financement des PME, des lignes de crédits ouvertes au profit du Fonds national d’investissement (FNI), un fonds national de l’eau, un fonds national pour les énergies renouvelables et la cogénération, un fonds du patrimoine public minier, un compte spécial pour l’entretien et la réfection du réseau routier, un fonds de soutien public aux clubs professionnels de football, un fonds national du patrimoine culturel, des fonds spéciaux au profit de services agricoles…Il y a une multiplication dangereuse des comptes spéciaux, lequel accroissement en nombre et en sommes injectées ranime bon gré, mal gré la controverse relative à la transparence budgétaire. Ces comptes spéciaux, que l’on crée dans chacune des lois de finances du pays, sont perçus comme des gouffres financiers où s’abreuvent plusieurs institutions et ordonnateurs. Au début de l’année en cours, la commission des finances et du budget siégeant à la chambre basse du Parlement avait recommandé la fermeture de tous les fonds spéciaux dits «inutiles». Mais il semble que les législateurs du pays n’en ont pas pris bonne note. Lors d’une séance consacrée à l’adoption de la loi sur le règlement budgétaire, la commission des finances et du budget de l’APN avait demandé que les fonds spéciaux dont les ressources financières n’ont pas servi soient fermés, au même titre que ceux ne disposant pas de programmes clairs, définis par les ordonnateurs financiers, et ceux ne disposant pas encore de textes réglementaires. Certains des précédents comptes spéciaux (il en existe plusieurs dizaines) n’ont été consommés que partiellement. Le fonds pour l’habitat, à titre d’exemple, doté de 60 milliards de dinars, n’a pu consommer que 40% du budget qui lui a été alloué. Mieux, dans un pays où les PME sont en manque de financement, le fonds consacré aux petites et moyennes entreprises n’a dépensé que 59,84% de ses capitaux, alors que celui mis à la disposition de l’industrie n’en a dépensé que 10%. La LFC 2011 vient d’ouvrir d’autres lignes de crédits, dont certaines ne sont pas financièrement limitées. Des précédentes enquêtes menées par le Partenariat budgétaire international (IBP) au sujet de l’indice sur le budget ouvert, l’Algérie a été classée au 79e rang mondial en 2008 en termes de transparence budgétaire. Un classement qui en dit long…

( 13 mai, 2011 )

Loi de finances complémentaire pour 2011: Des dépenses et des vulnérabilités…

bilandeboutefpardilem.jpg

Par Ali Titouche

 

Même Mohamed Seghir Babès, président du CNES, n’a pas mâché ses mots, hier, au sujet de la hausse effrénée de la dépense publique. Habituellement acquis aux thèses gouvernementales, le patron du Conseil national économique et social a défrayé, hier, la chronique en émettant une analyse quelque peu critique à propos de la hausse vertigineuse des débours de l’Etat. Une hausse à deux chiffres qui s’accentue depuis maintenant une dizaine d’années. Pour la seule année 2011, les dépenses publiques connaîtront un bond de 25%, soit l’équivalent de 23,5 milliards de dollars. «Le gouvernement doit reconsidérer certains aspects», estime M. Babès, intervenant, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio algérienne. Et d’avertir : «Il ne s’agit pas d’arrêter les méga chantiers, il faut décaler dans le temps les investissements pour permettre d’absorber les effets inflationnistes potentiels qui sont contenus dans les augmentations des salaires.» Un message vigoureux. L’Etat, plus que jamais volontariste et flexible sur les questions salariales, a décidé de mettre le paquet en injectant, cette année, un supplément d’argent de près de 24 milliards de dollars afin de pouvoir finir paisiblement l’exercice en cours. Ahmed Ouyahia, qui est classiquement pointilleux sur la dialectique des salaires, des dépenses et de la productivité, avait fini par lâcher : «La paix sociale n’a pas de prix.» Le fervent défenseur des thèses de rationalisation des dépenses publiques vient de légitimer, sans réserve aucune, toutes les dépenses publiques injectées au titre de l’exercice 2011. Il est ouvert pour l’année 2011, pour le financement des charges définitives du budget général de l’Etat, un crédit de 4 291,181 milliards de dinars pour les dépenses de fonctionnement, lit-on dans le projet de la loi de finances complémentaire pour 2011. Le budget consacré à l’équipement s’élève, lui, à 3 981,380 milliards de dinars. Cette situation qui consiste à brûler encore la chandelle par les deux bouts inquiète à plus d’un titre. La dépendance du pétrole ne fait qu’empirer de jour en jour, alors que les dépenses se maintiennent à des niveaux dangereusement élevés. Elles sont supérieures aux recettes et génèrent le creusement du déficit budgétaire. Il s’agit d’un problème de gouvernance. Ainsi donc, une simple arithmétique fait ressortir un déficit budgétaire qui s’aggrave solidement à 33,9% du PIB sous l’effet de la hausse excessive de la dépense publique. En valeur, le projet de la loi de finances complémentaire pour 2011 prévoit un déficit budgétaire de 4693 milliards de dinars, contre 3355 milliards de dinars dans la loi de finances 2011 (soit un ratio de 28% du PIB). Le pays se retrouve au pied du mur : le discours sur la rigueur budgétaire que l’on ne cesse de chanter à la moindre dégringolade de la valeur du pétrole est carrément remis en cause. La production de richesses recule, l’inflation grimpe davantage sous l’effet d’une multitude de revalorisations salariales combinée à une hausse continue des prix des matières premières agricoles, la productivité croule à moins de 0%, selon le FMI, et les rentrées fiscales s’affaissent des suites de l’informel. C’est un fait.
Le creusement du déficit, projeté pour 2011, survient sous l’effet de la dépense de fonctionnement qui s’accroît de 857 milliards de dinars. Ce déficit s’est aggravé sous l’effet de la dépense d’équipement qui s’accroît de 797 milliards de dinars pour faire face à un programme additionnel de logements sociaux et ruraux et au renforcement de l’action économique de l’Etat, lit-on dans le projet de la loi de finances complémentaire pour 2011. Sans l’ombre d’un doute, le gouvernement joue l’apaisement face aux tensions sociales qui grandissent, quitte à vider les caisses de l’Etat. Au même moment, le climat politique est très tendu.
Un haut responsable de l’Etat témoignait hier : «La situation du pays n’a jamais été aussi fragile.» Le pays présente une multitude de vulnérabilités d’ordre économique. Le secteur productif est carrément laminé par les importations, le recul du gouvernement face à l’informel et la dégradation gravissime du climat des affaires.
Résultats attendus à fin 2011 : les importations de marchandises passeraient de 40,2 milliards de dollars en 2010 à 41,3 milliards de dollars dans la loi de finances complémentaire pour 2011. Il y a de quoi se mettre martel en tête. Le gouvernement, lui, par souci d’étouffer le feu, n’hésite aucunement à mettre tous ses œufs dans le même panier. En économie, les mauvais calculs aboutissent inévitablement à de faux résultats.

 

 

( 23 mars, 2011 )

Les professionnels de la comptabilité demandent l’abrogation de la loi 10-01: L’ultime cri de détresse avant… la rue

Les professionnels de la comptabilité algérienne reviennent à la charge. Ils créent, d’abord, l’Union algérienne des professionnels de la comptabilité (UAPC) suite à la mainmise de l’administration sur l’activité des organisations professionnelles traditionnellement connues, à l’instar de l’Ordre des experts-comptables, des commissaires aux comptes et des comptables agréés. Et décident, ensuite, de croiser le fer avec le ministère de tutelle en demandant au chef de l’Etat d’annuler la loi 10-01 relative à la profession comptable. Il y a eu d’abord ce congrès du 19 mars dernier à Alger, organisé suite à un coup de force opéré par la base, et qui a été révélateur d’une véritable effervescence au sein de cette corporation. On croyait pourtant que le comptable allait se retirer sous sa tente après que le Parlement eut voté ladite loi compromettant l’autonomie du professionnel de la comptabilité. Signe de radicalisation : les comptables demandent de «suspendre toute collaboration avec le ministère des Finances et constituer un comité de transition capable de mieux défendre les doléances de la corporation», avons-nous appris, hier, lors d’un entretien avec le président de l’Ordre national des experts-comptables, des commissaires aux comptes et des comptables agréés, Mohamed Lamine Hamdi. C’est dire que le ton est décidément loin d’être conciliant. De but en blanc, les professionnels de la comptabilité algérienne refusent que leur métier soit le seul à être administré dans le monde. C’est d’ailleurs écrit noir sur blanc dans une missive adressée au premier magistrat du pays dans laquelle les comptables demandent clairement et sans réserve que soit abrogée la loi controversée 10-01 du 29 juin 2010. «C’est un antécédent grave (une première dans le monde) de s’accaparer d’une organisation professionnelle censée être gérée par ses membres (les professionnels de la comptabilité) au même titre que toutes les organisations professionnelles, par l’administration qui est censée faire de la régulation et non pas de l’immixtion. C’est une forme de renonciation à l’organisation démocratique de notre société et de notre Etat», lit-on dans la lettre envoyée le 1er mars au chef de l’Etat, dont nous nous sommes procuré une copie. Les professionnels de la comptabilité algérienne n’entendent pas faire le joli cœur afin de faire aboutir ce nouveau discours revendicatif. Ils brandissent déjà l’éventualité d’investir la rue si leurs requêtes demeureront insatisfaites. C’est le tonnerre de Zeus. «Nous n’en sommes pas encore là, mais c’est une revendication sérieuse de la base», commente le chef de file des experts-comptables. «Cette base, constituée de jeunes professionnels, mérite une considération et le droit à l’évolution professionnelle. Il faut que vous sachiez que l’examen final de l’expertise comptable n’est pas organisé depuis 10 ans.» Pour ces professionnels qui refusent de passer sous l’égide de l’administration, la marge de manœuvre de l’Algérie vis-à-vis des instances internationales (FMI et la Banque mondiale) devient «vulnérable et peu crédible par le fait de l’exclusion des professionnels».

Profession administrée

En aval, la mise à l’épreuve de l’information financière, avec la mise en application du nouveau système comptable et financier et les bouleversements dans la profession, générés par l’avènement de la nouvelle loi, sont autant de paramètres qui, aux yeux des professionnels, «finiront par discréditer cette information sur l’économie algérienne et la rendre illisible», soutient Mohamed Lamine Hamdi. Ce sont en fait les vieilles revendications qui sont remises au goût du jour. Mais cette fois-ci avec quelques ingrédients de jusqu’au-boutisme. Un détail : les professionnels de la comptabilité ne remettent pas en cause la normalisation comptable, plutôt la manière de procéder, précise le porte-voix des experts-comptables, des commissaires aux comptes et des comptables agréés. Il y a, d’abord, «l’absence de concertation» entre le département de Karim Djoudi et les professionnels ainsi que cette «envie pressante» d’en finir dans les plus brefs délais avec cette action de normalisation. Or, «dans les pays développés, à l’instar de la France, cette normalisation a été approuvée en 2002 et seules 700 entreprises sur 3 millions ont été adaptées aux standards universellement admis», explique M. Hamdi. Il explique dans la foulée que son organisation n’a cessé de suggérer au ministère des Finances une application graduelle de ces nouvelles normes comptables et financières afin d’éviter un effet retour de manivelle qui se matérialisera par la production d’une fausse information financière. C’est en ce moment que se manifestera, ajoute-t-il, l’autre danger qui consiste à faire appel aux cabinets étrangers et mettre ainsi en péril l’information économique algérienne. Si le congrès du 19 mars dernier, qui a réuni un peu plus d’un millier de professionnels, a pu planter le décor d’une nouvelle guéguerre, le comité de transition, qui sera installé jeudi, décidera quant à lui des actions à entreprendre pour faire aboutir ce cahier de doléances. Un nouvel incendie risque de se déclarer dans une société où le mercure de mécontentement témoigne d’un bouillonnement de couleur rougeâtre.

Ali Titouche

Journaliste à El Watan

Titouche.elwatan@yahoo.fr

( 20 mars, 2011 )

Les dessous de l’affaire DGSN-ABM: Antri Bouzar Mohamed, un bouc émissaire ?

mohamedantribouzar.jpgEnquête réalisée par Ali Titouche

Journaliste et chef de Rubrique Economie à El Watan

Titouche.elwatan@yahoo.fr

 

La première plaidoirie de la défense de Antri Bouzar Mohamed, patron de la société Algeria Business Multimedia (ABM), dans l’affaire qui l’oppose à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), a eu lieu, mercredi dernier, à la chambre d’accusation de la cour d’Alger. Antri Bouzar Mohamed a été mis sous mandat de dépôt ainsi que deux de ses collaborateurs, Toufik Sator et Zerrouk Djaidir en l’occurrence, suite à une affaire de passation de marchés, conclus du temps du défunt Ali Tounsi, ex-patron de la DGSN. La plaidoirie de mercredi portait sur l’obtention de la liberté provisoire de Antri Bouzar Mohamed et de Zerrouk Djaidir. La cour a rejeté catégoriquement la demande de la défense, avons-nous appris d’une source proche de la juridiction en question. Flash-back sur une affaire qui a surpris plus d’un, des connaisseurs notamment des détails du dossier. Dans les faits, le Président directeur général de ABM est poursuivi pour «viol de la législation régissant les marchés publics», d’après une source proche de la défense. Les mis en cause sont poursuivis aussi pour «malversations présumées ayant causé un préjudice à une institution d’Etat». Globalement, les deux marchés conclus par la DGSN et ABM, sujet de la polémique, portent essentiellement sur la fourniture aux services de la police d’un matériel informatique composé d’imprimantes, stations de travail, d’onduleurs et de consommables de marque Epson. Dans les détails, le premier marché remonte à 2007, lorsque la DGSN avait diffusé un appel d’offre public pour l’acquisition d’imprimantes, d’onduleurs, de stations de travail et de PC portables ABM, distributeur officiel agréé par Epson, avait soumissionné alors pour le lot composé d’imprimantes et d’onduleurs, déclaré infructueux quelques semaines après. Un second appel d’offre a été lancé et ABM avait été retenue pour le lot onduleurs, dont le marché est estimé à 115 millions de dinars, mais écartée pour le lot des imprimantes (un marché de 200 millions dinars). Le marché portant sur la livraison de 10 300 onduleurs à la DGSN a été paraphé le 24 février 2008 par, d’une part, Antri Bouzar Mohamed en sa qualité de P-DG de ABM et, de l’autre, par Youcef Daimi le directeur de l’administration générale de la Sûreté nationale, lit-on sur une copie de la convention. Le contrat, dont nous nous sommes procurés un exemplaire, a été approuvé aussi, faut-il le souligner, par le défunt Ali Tounsi, ex-patron de la DGSN, et validé par la Commission des marchés (CM) et les services du contrôle financier de l’Etat (CFE). 

Le contrôleur financier de l’État valide

Le texte de la convention a été rédigé comme suit : «Les deux parties contractantes s’engagent conformément aux dispositions du décret présidentiel n°02-250 du 24/07/2002, portant réglementation des marchés publics modifié et complété, à s’acquitter chacune en ce qui la concerne des obligations découlant du présent marché régi par le cahier des Prescriptions Spéciales». Abderrahmane Lakehal, directeur général par intérim, rencontré dans les locaux d’ABM, précise que «l’ensemble du matériel a été livré sans réserve de la DGSN, accompagné d’une garantie de deux ans et une caution de bonne exécution». Antri Bouzar Mohamed a-t-il donc pu violer la législation régissant les marchés publics, puisque le cachet de la CM et du CFE est apposé sur le contrat, signé, rappelons-le, par Ali Tounsi en personne ? Autrement dit, peut-on remettre en cause un contrat validé par toutes les instances de l’Etat en charge du contrôle financier et de la conformité des transactions engageant les deniers publics ? Manifestement, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette affaire. Le second marché, conclu suivant la formule de passation de gré à gré simple, porte sur la fourniture à la DGSN de consommables d’origine pour imprimantes de marque Epson. D’après une correspondance de Epson France, adressée le 11 novembre 2008 à ABM, son distributeur en Algérie, nous comprendrons que des responsables de la DGSN et de EPSON se sont réunis le 4 novembre 2008 dans les locaux de la direction de la Sûreté nationale afin d’arrêter une liste de consommables correspondant aux besoins de la DGSN. «Notre politique de vente indirecte nous amène à mandater la société ABM d’Alger pour signer la convention de prix et service sur ce dossier en local», lit-on sur la convention de Epson, signée le 11 novembre 2008 par Jean-Pierre Lafargue, responsable export à Epson France. C’est ainsi que la société de Antri Bouzar Mohamed a été autorisée à fournir du consommable d’origine Epson pour le compte de la DGSN. C’est-à-dire que le marché de gré à gré a été négocié entre les services de la DGSN (éventuellement la Commission des marchés) et Epson France. Quant à la société de Antri Bouzar Mohamed, celle-ci n’a joué que le rôle d’intermédiaire dans la fourniture du matériel. En d’autres termes, ABM n’a fait qu’assumer son rôle de distributeur agréé, mandaté par la maison-mère. La convention portant sur ce marché de gré à gré a été signée le 27 juin 2009 par le directeur de l’administration générale de la Sûreté nationale, Youcef Daimi.

Des questionnements et des zones d’ombre

Le marché a été validé également par la Commission des marchés (visa n° 69/2009) ainsi que par le contrôleur financier de l’Etat, dont le visa est immatriculé 4648 du 01/07/2009). Le contrat a été approuvé également par le défunt Ali Tounsi le 6 juillet 2009. «La commande a été donc livrée. Le premier bon de commande qui a été émis par la DGSN pour 16 millions de dinars a été honoré et une caution de bonne exécution de 3 millions de dinars a été déposée», dira Abderrahmane Lakehal pour qui, le marché de gré à gré est justifié par le fait que ABM est le distributeur principal d’EPSON, présentant les meilleures garanties sur le marché algérien. «ABM a été mandatée officiellement par EPSON afin de livrer les consommables à la DGSN», poursuit le directeur général par intérim de ABM. Second questionnement : y a-t-il réellement eu préjudice causé à la DGSN, puisque la marchandise a été livrée à temps et suivant les conditions préalablement fixées par les deux parties contractantes. A première vue, il semble que cette affaire s’entoure de zones d’ombre qui suscitent moult questionnements. Le 15 mars dernier, nous avons adressé une demande d’informations à la DGSN dans laquelle nous demandons une interview avec l’un des responsables de l’institution que dirige Abdelghani Hamel, capable de nous éclairer davantage sur cette affaire. Alors que nous nous affairons à rédiger les premiers éléments de l’enquête, nous recevons un appel du responsable de la communication à la DGSN, M. Boudalia. «Cette affaire est au niveau de la justice et nous n’avons aucun commentaire à faire. L’affaire est en instruction et nous n’avons pas le droit de divulguer des informations à ce sujet», nous a-t-il répondu au téléphone. Mais il semblerait que toute l’affaire repose sur un seul élément ; Toufik Sator, un des collaborateurs de Antri Bouzar Mohamed, présenté comme étant le gendre de Choueib Oultache, assassin présumé de Ali Tounsi, serait le véritable propriétaire d’ABM. «C’est faux», répliqua Abderrahmane Lakehal, précisant que Toufik Sator ne détient que 0,12% des actions dans Algeria Business Multimedia. Manifestement, il y a une espèce d’injustice dans l’incarcération de Antri Bouzar Mohamed. Quoi qu’il en soit, il y a bel et bien vrai besoin d’élucider tous les recoins de cette affaire.  

 

 

( 19 mars, 2011 )

Conditions de vie et de travail des cadres de Sonatrach au Sud du pays: Les prolétaires des «provinces» pétrolières

sonatrach.jpgSelon des syndicalistes, 40% des effectifs de Sonatrach au Sud souffrent de maladies chroniques. Leur salaire tourne autour de 500 euros, tandis que des expatriés touchent parfois 10 000 euros.

Par Ali Titouche

Paru dans l’édition du 06/03/2011 d’El Watan

Titouche.elwatan@yahoo.fr

Nous ne pouvions passer si près de l’occasion qui nous était offerte : s’informer des conditions de travail et de vie des cadres de Sonatrach sur les bases pétrolières au sud du pays. L’escale effectuée, le 23 février dernier, par le ministre de l’Energie et des Mines, accompagné du PDG du groupe public des hydrocarbures, dans les régions de Sonatrach dans le Sud s’offrait telle une opportunité inespérée, venue nous ouvrir les frontières infranchissables des «provinces» pétrolières. Il faut avouer que ces régions demeurent inaccessibles. Cette espèce de black-out nourrissait mille et un fantasmes, des pensées parfois chimériques et des ambitions souvent incalculables. Comment vivent-ils ces cadres, jeunes ingénieurs, ou simples ouvriers de Sonatrach dans ces régions les plus riches, mais surtout les plus chaudes de l’Algérie, où le mercure s’amuse à flirter, en été, avec les 55° ? Une question qui taraude nos esprits. Après quelques instants de vol, l’aéronef d’Air Algérie qui nous transportait à destination d’In Aménas se pose sur un aérodrome semblable à un bar-relais perdu au milieu de l’Arizona. Nous nous sommes embarqués illico presto dans un bus à destination de la base de vie de Stah, nouvellement construite, venue mettre un terme à plusieurs années horribles auxquelles faisaient face les travailleurs de Sonatrach. «Avant que nous soyons transférés à cette nouvelle base, ça m’arrivait d’uriner dans des bouteilles de plastique, moi diabétique, qui étais dans l’incapacité de résister au froid des nuits glaciales de l’ancienne base de vie». Cette expression d’un employé de la première entreprise d’Afrique, rencontré à Stah, à l’issue d’un dîner trop protocolaire, résume, à elle seule, la situation que subissaient ces travailleurs qu’on croyait pourtant «trop chanceux». «Ne croyez surtout pas que les travailleurs de Sonatrach s’offrent quotidiennement un tel festin», lance à notre adresse un autre travailleur syndiqué, allusion faite au repas préparé en l’honneur de la délégation ministérielle. Passées les habitudes protocolaires à l’accueil de chaque délégation officielle, une mauvaise route conduit en direction de l’Est, jusqu’aux champs gazier et pétrolier de Stah. Au bout de deux heures de route, le village des travailleurs est à peine discernable. A côté des studios nouvellement construits, de vieux chalets se dressent tel un sale décor.Ce sont, éventuellement, les résidus de l’ancienne base qui a ridé le visage de ces employés. «Il y a quelques années, il n’y avait ni télévision, ni radio, encore moins de journaux et le courrier qui était censé apporter les nouvelles de nos familles. Nous étions carrément coupés du monde. La situation s’est quelque peu améliorée aujourd’hui. Demeurent, néanmoins des demandes toujours insatisfaites», témoigne Kabouh Nacer, contremaître de profession, 30 ans de service chez le plus riche employeur du pays, qui a vu ses meilleures années sombrer dans le désert brûlant d’Illizi. Les yeux rougeâtres et mouillés sous l’effet de mille et une réminiscences, il se laisse embarquer dans un exposé revendicatif, digne d’un syndicaliste de premier rang.

40% des effectifs souffrent de maladies chroniques 

A l’issue donc de ce premier repas, dégusté entre deux revendications, Yousfi Nacer, syndicaliste lui aussi, nous emmène faire un tour avec ses amis au niveau de cette nouvelle base de vie, fuyant ainsi la règle cérémonieuse de la visite. La réclamation était donc notre premier contact avec cette population ouvrière, où la soif de justice est quotidienne. La réclamation est la même : «Augmenter la prime de zone et les indemnités», seuls éléments différenciateurs dans le calcul des variations salariales des fonctionnaires du Sud et ceux activant au Nord du pays. Hassi Messaoud, In Aménas et Hassi R’mel, des régions pétrolières plantées au milieu du sable brûlant, posées là comme bénédiction, mais aussi une misère, un enfer, tout sauf un lieu où il fait bon vivre…Dans ce fin fond du désert, ces employés de Sonatrach touchent à peine ou un peu plus que 500 euros. «Nous avons un salaire minable comparativement à celui des expatriés. Nous avons le même travail, mais nous, Algériens, sommes payés à 500 euros, tandis que les salaires des expatriés atteignent parfois les 10 000 euros», nous dira le chef de file des syndicaliste de Stah, Kabouh Nacer. Une injustice criante. Pour son «camarade» Nacer Yousfi, «dans les années 1990, à titre d’exemple, le salaire d’un sudiste était le double, voire un peu plus, qu’un salaire d’un nordiste». Aujourd’hui, il y a certes une hausse constatée au niveau du salaire de base, «mais les indemnités de zone n’ont pas augmenté parallèlement au salaire de base». Cette stagnation perdure depuis 2002. «On se retrouve maintenant dans une situation caractérisée par une différence d’à peine 15% entre le salaire d’un nordiste et celui d’un sudiste. Venir passer quatre semaines ici pour 15% de différence me parait quelque peu regrettable», déplore Nacer Yousfi, physiquement souffrant. Effleurant justement la couverture sanitaire des travailleurs, notre interlocuteur, déplore «un déficit flagrant en médecins et hôpitaux de proximité». Pour l’histoire, «nous avions eu beaucoup de problèmes pour les évacuations. Parfois les avions ne sont pas disponibles et les évacuations se font difficilement en cas d’accidents. Nous avons eu des évacuations vers l’hôpital d’Illizi par une simple ambulance sur une distance de 400 km, caractérisée par des routes parfois impraticables», nous confie Nacer Yousfi, cheveux blancs, qui regarde fuir ses beaux printemps dans cette terre aride aux puits de pétrole inépuisables. Lorsque l’émotion et la frustration étaient à leur comble ; il n’hésite pas à lâcher cette phrase : «Nous assistons ces dernières années à l’aggravation de certains maux à l’instar du stress. Nous avons 40% de nos effectifs qui souffrent de maladies chroniques, un chiffre qui est très sensible à mon avis. Il y a surtout des diabétiques, des hypertendus et des cardiaques. Après 20 à 25 ans de travail dans un milieu aussi stressant, il y en a peu qui peuvent sortir indemnes». C’est pourquoi le phénomène de l’abandon et la fuite des compétences vers d’autres horizons et d’autres compagnies se pose toujours avec acuité. Il y a quelques jours, le syndicat de Sonatrach, division production de l’activité amont, a fait un constat inquiétant au sujet du moral des troupes. «L’ignorance des potentialités que recèle l’entreprise, la non-satisfaction de leurs revendications, telles la revalorisation des compétences et la juste rétribution des travailleurs, et l’absence de toute motivation ont, hélas, engendré un climat chargé de mécontentement, de désespoir, voire de démobilisation», a écrit de son côté, la division syndicale de Rhourde Nouss de Sonatrach, dans un communiqué adressé à notre rédaction. L’expression de mécontentement commence à se faire ressentir chez les pétroliers de Hassi R’mel et à Hassi Messaoud également. Jeudi dernier, un millier de travailleurs ont décidé de se rassembler devant la direction régionale de Sonatrach à Hassi R’mel.

( 20 février, 2011 )

Honte à vous vieillards de la République !

marche.jpgHonte à vous vieillards de la République !

 

Par Ali Titouche

titouche.elwatan@yahoo.fr

Il y a bien des sanglots qui ressemblent à des rires. Mais il est difficile quelques fois d’établir un distinguo entre les deux. Faut-il se mettre à rire lorsque des Algériens, dopés les uns contre les autres par les machines machiavéliques du régime, s’entretuaient et se lançaient de sales injures ? C’est le samedi 19 février 2011. Dans le sérail, les vieillards aux commandes de la République ont pleuré de rire. D’autres, les véritables patriotes de cette nation, ont pleuré de honte de voir des manifestants traités de « crapules » et de « fripouilles », voire même de « kabyles », par des compatriotes, résidents de certains quartiers d’Alger. Une honte ! Un comportement moyenâgeux ! Pendant que les ministres de la République prenaient leurs whiskies dans les jacuzzis de Club des Pins, des « esclaves » étaient relâchés dans la nature et chargés de jouer le rôle d’un cheval de Troie. Leur mission ; infiltrer le milieu où devait se tenir la manifestation pour le détruire de l’intérieur. Dès potron-minet, un arsenal répressif impressionnant était dépêché sur Alger pour matraquer des manifestants convaincus, mais surtout courageux. Les poules mouillées s’étaient enfermées quant à elle dans les poulaillers et/ou dans les abris de fortune, le bec dressé inlassablement sur la mangeoire. Les manifestants étaient, non seulement en butte à la répression policière, mais aussi à la brutalité des troupes recrutées dans certains quartiers d’Alger, chargées de terroriser les foules à coups d’injures incroyablement racistes. Une œuvre répressive soigneusement réfléchie par le régime en place, plus que jamais attaché à ses fondements dictatoriaux dignes d’une ère moyenâgeuse. Une entreprise inspirée de l’ère coloniale, lorsque les Français jouaient sur les divisions sociales, ethniques et raciales pour bien maintenir inébranlable le régime. Mais il faut reconnaître qu’à l’effet de la première étincelle qui s’était déclarée à l’Est, du coté de Tunisie et, ensuite, de l’Egypte, les piliers les plus solides du régime algérien ont bel et bien tremblé. Les démons à la charge –jusqu’ici- de notre destinée s’agitaient et s’affairaient à étouffer le moindre feu, dont l’explosion pointait déjà son nez, favorisée par un microclimat régional suffisamment chargé d’inspirations démocratiques. Le gouvernement, armés de deux mains gauches, jusqu’ici incapable de réguler le marché de la patate, était prêt subito presto à concrétiser toutes les promesses que l’on ne cesse de chanter depuis une douzaine d’années. Mais ce n’était que la face visible de l’iceberg. Les services secrets, un des autres piliers solides du régime, vieux comme Mathusalem, travaillaient déjà les foules afin de pouvoir tuer dans l’œuf toute expression qui pourrait remettre en cause l’ordre établi. Les moteurs de la propagande politicienne est médiatique sont remis en marche. Les relais et les commis du régime, sur le terrain de la politique et/ou de la presse, guettaient descendaient en flamme le moindre essai d’expression démocratique. Ils sont nombreux à avoir répondu à l’appel. Ils n’ont pas le choix. Ils ne sont point prêts à tuer la poule aux œufs d’or. Mais ils sont allés trop loin. Ils ont joué goulûment sur les cordes raciales. Le changement, et même la moindre aspiration vers un monde meilleur étaient semblables à un crime à la charge d’une seule région d’Algérie. En attendant la semaine des quatre jeudis pour voir surgir la métamorphose souhaité, les séparatistes auront possiblement raison d’avoir investi un créneau qu’on croyait si sensible.                           

( 18 février, 2011 )

Intéressant à lire: A Madame Mitiche, née Louisa Hanoune

louiza.jpgPublié: 17/02/11

Par N. Aït-Hamouda

Depuis votre promotion publique quand vous aviez accompagné la répression de 2001 en Kabylie, ceux qui ne savaient pas que vous étiez recrutée par les services du ministère de l’Intérieur au temps d’El Hadi Khediri ont pu être surpris par votre enthousiasme débordant pour Bouteflika. En réalité, vos compromissions successives conjuguées à la haine viscérale que vous avez pour tout ce qui vient de la Kabylie, chose que vous partagez si bien, entre autres, avec Yazid Zerhouni, ont sonné le moment de votre activation ouverte.
A l’ouverture du vent de liberté qui souffle sur la rive sud de la Méditerranée, paniquée plus que vos mentors lors des premières émeutes de janvier dernier, vous aviez d’abord joué votre personnage de «pompette » en récitant la chanson réduisant l’injustice et la misère des populations, en particulier de sa jeunesse, à la cherté de l’huile et du sucre. Maintenant que la répression est dans la rue, c’est à vous qu’on endosse le rôle de porte-parole du ministère de l’Intérieur pour, non seulement proclamer «l’échec» des manifestations mais délivrer un satisfecit et un encouragement aux troupes commandées par Ould Kablia. Encore une fois, vous ne pouvez pas rater l’occasion de désigner, dans le sillage du pouvoir, le RCD comme unique appelant à la marche du 12 février, méprisant les organisations sociales et les associations qui ont rejoint la Coordination. Le problème n’est pas que vous vous attaquez à un parti parce qu’il revendique le droit d’expression et de manifestation dès lors que vous avez choisi le rôle de courtisane du chef de l’Etat. Mais pour décerner des labels politiques, il vous faut sortir des orgies dans lesquelles vous avez plongé votre parti. Pour le moment, vous comme vos complices n’êtes ni de droite ni de gauche. Vous êtes occupés à célébrer vos acquis avec la direction d’un syndicat dominée par des prébendiers maffieux et dont l’unique rôle est d’étouffer la voix des travailleurs par le chantage et la corruption. Si vous aviez été effectivement trotskyste à 20 ans, il est alors bien vrai que le trotskisme mène à tout. Ce vagabondage est encore plus visible lorsqu’on suit vos positions quand vous êtes à Paris entre les murs de l’Internationale. En effet, vos mentors algériens savent que vous êtes une salariée de la 4e internationale. Ce qu’ils ne savent pas peut-être est qu’en tant que telle, vous défendez avec force et zèle la marocanité du Sahara. Je vous cite «…Ce plan d’autonomie du Sahara vise à l’éclatement de la nation marocaine,… l’armée espagnole a envahi le Sahara marocain en 1882 et le peuple marocain a lutté dans l’unité – dans le rif et au sud – pour l’indépendance de toute la nation marocaine»(1). Ce qui pose problème, vous le comprendrez, n’est pas votre accord avec la position de votre organisation originelle sur le Sahara occidental comme «partie intégrante de la nation marocaine» mais votre double langage en fonction de vos intérêts immédiats. Cette transhumance est pour vous une règle. Vous dépouillez vos députés en détournant une partie de leur salaire pour financer la construction d’une villa à Hydra en leur faisant croire que vous bâtissez un nouveau siège pour le PT. Il a fallu l’intervention du bureau de l’APN pour arrêter ces extorsions. Non contente de voter toutes les lois de finances qui programment les licenciements des travailleurs et l’enrichissement des clientèles du régime, vous avez mené campagne pour le viol de la Constitution qui impose la présidence à vie de Bouteflika ; c’est-à-dire la pérennisation de la politique actuelle. En 2008, vous avez accompagné le président de l’Assemblée pour son voyage en Afrique du Sud. Lors de l’escale du Caire, vous vous rendez compte que vous devez continuer le reste du voyage en classe économique. Scandale ! Vous refusez de poursuivre le voyage avec les «gueux», préférant une prise en charge par l’ambassade d’Algérie au Caire pour un séjour de 4 jours. Ce n’est pas tout, vous avez exigé que l’APN sanctionne l’un de ses employés qui a fait votre réservation en classe économique et vous avez obtenu son licenciement. Et vive la classe ouvrière !! Enfin, dans le registre de l’apparence trotskiste, vous êtes en passe d’être l’étalon de l’opportunisme. L’aveuglement de la 4e Internationale, en faisant sien l’adage qui dit que l’ennemi de mon ennemi est mon ami, vous a menée à soutenir Saddam Hussein dans la répression et le déni de droit qu’il a fait au peuple irakien du fait qu’il serait contre l’impérialisme américain alors qu’il en était le pion avancé de la guerre contre l’Iran. Le conglomérat d’organisations, allant des ultras nationalistes aux antimondialistes, que Saddam finançait et qui se réunissait régulièrement à Baghdad, a toujours eu un invité de marque, en la personne de Jean-Marie le Pen. C’est ainsi que lorsque le tortionnaire des militants nationalistes algériens préparait sa fille Marine à prendre la main de la mouvance raciste qu’il dirigeait toujours en France, vous l’aviez rencontrée en prenant part toutes les deux à une réunion présidée par Saddam en personne. Entre gens de bonne compagnie, on sait se retrouver. Vous avez tenu une réunion avec Bouteflika, à la présidence, il y a cinq jours. Sachant que vous accomplissez ses missions sans état d’âme, nous attendons de découvrir la nouvelle feuille de route qui vous a été confiée. Pour l’instant, contentons-nous de révélations partielles de votre pedigree. Vous devez, tout de même, savoir que les prochaines élections ne seront organisées ni par Zerhouni ni par Ould Kablia. La machine à distribuer les sièges est aujourd’hui en panne. Votre fin de mission est programmée. L’audit nationale qui arrivera avec la phase de transition nous permettra de découvrir, j’en suis sûr, d’autres facettes de votre inépuisable personnage.
N. A.-H.
* Député du RCD. Vice-président de l’APN
1 Le Maghreb : où mène le protectorat américain ? La vérité, revue théorique de la IVe Internationale ; n°30 nouvelle série (n°636) – Mai 2002 ; pages 14 et 15
PS : A partir d’aujourd’hui, nous répondrons à chaque mensonge par deux vérités. Chiche !
 

( 14 février, 2011 )

Couverture médiatique de la marche du 12 février 2011

presse1.gifLa presse des sales besognes

 

Par Ali Titouche

Titouche.elwatan@yahoo.fr

La presse algérienne continue de valser au rythme de gravissimes dérives. Manipulations, mensonges et insultes…etc. Certains quotidiens de la presse nationale n’ont pas hésité une seconde à jouer le rôle d’un cheval de Troie, en se chargeant de s’en prendre aux manifestants à coups de sales injures pour détruire toute tentative de défier l’ordre établi. Des titres de la presse arabophone sont allés jusqu’à traiter les manifestants de « voyous », s’embarquant même dans une vague raciste opposant certaines régions du pays à d’autres. Leurs sales besognes ne datent pas d’aujourd’hui d’ailleurs. Ces journaux, faut-il le dire, tentaient tant bien que mal de faire deux coups ; plaire d’une part à certains piliers du régime, leur principal sponsor et source de survie et matérialiser, de l’autre, une haine déclarée à certaines régions de l’Algérie. « Le RCD fait alliance avec Ali Benhadj », titre étrangement un journal arabophone, qui zoomait sans relâche sur les deux « protagonistes » en vue de discréditer l’action et de véhiculer des mensonges quant aux véritables initiateurs. Désinformation grossière ! Le métier de l’information traîne dans la boue puante. Le même journal est allé jusqu’à charger Said Sadi, président du RCD, d’un crime ; celui d’avoir agressé une femme policier. Il faut dire que certains responsables de journaux n’hésiteront aucunement à vendre leurs âmes au diable, contre une poignée de dinars ramassée auprès de l’agence officielle de publicité ANEP. Une véritable arme détenue par le pouvoir afin de domestiquer la presse. Le journal en question n’hésita pas à écrire encore ceci : « Ali Yahia Abdennour, un inconnu ». Un autre titre, son frère de classe et son ennemi juré n’a pas laissé filer l’opportunité afin de charger les opposants au régime de toutes les iniquités. Pour ce journal, les milliers de manifestants qui se sont rassemblés, samedi, à la place 1er mai ne sont que « curieux de passage » et « pro-Bouteflika », tandis que les opposants aux régimes ne représentaient aux yeux de ce titre qu’une poignée de personnes. D’autres titres n’hésitaient pas à produire ceci : « Trop de bruit pour rien », « ça n’a pas marché », faisant apparaître une belle fierté de coq de voir la police réprimer une marche pacifique pour la démocratie et le changement. Faut-il dire que ces journaux sont connus tout compte fait comme un loup blanc. Leurs salariés sont taillables et corvéables à merci. L’on comprend quelques fois les dérives dans lesquels ces titres s’embourbent, bien que condamnables.

 

 

( 4 février, 2011 )

Des enfants algériens « exportés » avec les « harraga »

harraga.gifHalim Benatallah reproche aux familles d’« exporter » leurs enfants avec les « harraga »

Avez-vous des enfants à vendre Monsieur Benatallah ?

Par Ali Titouche

titouche.elwatan@yahoo.fr

Un ministre d’Etat vient de charger les parents des enfants « harraga » de toutes les iniquités de son gouvernement. En termes plus clairs, le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Halim Benatallah, reproche aux familles d’« exporter » leurs enfants avec les « harraga ». Décidément, l’exécutif semble réussir à résoudre cette équation au bout d’une dizaine d’années de calcul mental et d’interminables études psychosociologiques. Bravo messieurs les ministres ! Le vieux slogan de « main de l’étranger » vient de céder le terrain à d’autres inventions plus magiques que nous sauront connaître sans l’indispensable concours de nos ministres. Economiquement, l’Algérie n’est plus le fameux pays mono exportateur d’hydrocarbures. Désormais, nous exportons même nos enfants, si l’on tient compte de l’analyse très pointue de M. Benatallah. Ce ministre qui vient de faire avaler des couleuvres aux pères et mères algériens semble ne pas mesurer la gravité de son expression. Y a-t-il une mère normalement constituée qui souhaite faire bonne chère en envoyant son enfant en enfer ? Le ministre semble vouloir jeter le manche après la cognée. Car, décidément, le phénomène des « harraga » commence à agacer ces vieillards qui gouvernent la nation, incapable de comprendre le comportement suicidaire des jeunes algériens. Car, il s’agit aussi d’un discrédit de taille jeté sur un gouvernement qui ne cesse de chanter sur tous les toits ses réalisations accomplies « sous le haut patronage » de Abdelaziz Bouteflika. Y a-t-il un père en mesure aussi de vendre son âme au diable ? Je me pose la question de savoir si Halim Benatallah est en mesure de vendre son enfant pour espérer toucher des dividendes, voire un retour sur investissement. Le ministre est en train de filer un mauvais coton. Mais que dira le ministre des diplômés, des médecins et des femmes enceintes qui quittent le pays à bord d’embarcations qui menacent de se désosser en pleine mer ? Selon des statistiques provenant du département fédéral de l’Intérieur espagnol, 4457 clandestins algériens ont atteint les côtes espagnoles durant les sept premiers mois de l’année écoulée. Un véritable drame pour un pays qui dort sur un matelas de 155 milliards de dollars de réserves de change et plus de 4000 milliards de dinars stockés dans le Fonds de régulation des recettes (FRR). Pourtant, ce même gouvernement n’a cessé depuis déjà plusieurs années de brûler la chandelle par les deux bouts. Résultats : le pays reste dangereusement accroché au seul fil des hydrocarbures, le chômage des jeunes se maintient à des niveaux très élevés, la corruption ravage toutes les institutions de l’Etat…etc. Pour un jeune diplômé d’une université algérienne, il faudra attendre 107 ans pour pouvoir tirer la tête de l’eau. Le développement de l’Algérie s’avère être tout compte fait un véritable travail de Pénélope. L’on ne cesse de s’emmêler les pinceaux. C’est peut-être la faute aux parents aussi !

( 4 février, 2011 )

Production aurifère en Algérie: Une baisse importante recensée en 2010

lingot.jpg
L’opérateur australien GMA Ressources, engagé dans l’exploitation de la mine d’or d’Amesmessa (Tamanrasset), ne cesse de tourner toujours en eau de boudin. La production de l’or en Algérie ne cesse de connaître des baisses importantes, d’une année en année. Durant l’exercice écoulé, la production aurifère s’inscrivait en nette baisse, soit à 23 876 onces d’or (environ 742,5 kg) contre 32 598 onces (1.011 kg) en 2009. L’annonce est faite par la compagnie GMA Ressources, actionnaire majoritaire dans l’Entreprise nationale, extraction et traitement du minerai d’or (ENOR), sélectionnée le 29 mai 2002, du temps de l’ex-ministre de l’Energie et des mines, Chakib Khelil, comme seul partenaire de ENOR après ouverture de son capital. « De janvier à décembre 2010, la production de l’Enor, détenue à 48% par Sonatrach et à 52% par Gold mining Algeria (GMA), s’est établie à 23 876 onces contre 32 598 onces en 2009 », lit-on sur un tableau évaluatif diffusé par GMA. La production de 2010 reste bien inférieure aux prévisions de 1,5 tonne anticipées par l’ENOR pour 2010 et encore loin de l’objectif de 3 tonnes annoncé par les deux partenaires en janvier 2008, lors de la coulée du premier lingot d’or de cette mine. La production d’argent s’est aussi affichée en baisse, atteignant 4 756 onces en 2010, contre 6 409 onces en 2009. Le déclin de la production était déjà prévisible. Au tout début de l’année 2010, alors que la compagnie faisait face à d’énormes difficultés financières, elle avait annoncé avoir produit 5731 onces d’or durant le premier trimestre 2010. Durant le même laps de temps, allant du 1er janvier au 31 mars 2010, la même mine avait produit 1197 onces d’argent. La production s’affichait alors en recul net par rapport à la même période de l’année 2009, en dépit de toutes les mesures prises. Après avoir consommé la totalité des crédits accordés par une banque algérienne, le partenaire de ENOR s’était orienté vers des capitaux étrangers afin de pouvoir financer son plan d’investissement. En Algérie, la valeur des crédits mis à la disposition des Australiens se chiffrait déjà à plusieurs dizaines de millions de dollars, d’après des sources bien informées.

En novembre 2009, le groupe GMA Ressources a confirmé avoir cédé 9% de son capital, d’une valeur de 1,9 million de livres sterling, à l’entreprise égyptienne Asec Mining. Selon GMA, cette prise de participation devrait lui permettre de renflouer ses caisses pour les besoins de financer un nouveau plan de développement. En juillet dernier, il a été décidé de recourir à une nouvelle collecte de fonds afin de mettre sur les rails un plan d’investissement destiné à améliorer la production. L’objectif, cette fois-ci, étant de collecter une somme de 1,6 million de livres sterling. ENOR, elle, n’a jusqu’ici pas pu amortir ses investissements de plus de  50 millions de dollars. Le plan de redressement de l’entreprise sur cinq ans, élaboré fin 2009, bute d’ores et déjà sur des problèmes financiers et de logistique insoutenables. Face à cette situation, les responsables de ENOR se refusent à tout commentaire. Le ministre en charge de cette question, Youcef Yousfi en l’occurrence, a déclaré récemment à l’APN que «Sonatrach pourrait, conformément au droit de préemption, racheter les actions de GMA dans le cas où celle-ci déciderait de vendre totalement ou partiellement sa part qui est de 52%». Le procureur général près la cour d’Alger a ouvert une instruction relative à cette affaire. Les comptes de GMA, les lignes de crédit, les factures, les salaires et les transferts sont autant de questions d’une importance primordiale qui intéressent aussi la brigade financière et économique relevant du Département du renseignement et de la sécurité (DRS). Mais les résultats de ces enquêtes demeurent encore inconnus jusqu’ici.

Ali Titoucheelwatanlogo.gif


12345...18
Page Suivante »
|